AMINA : le magazine de la femme

Toute personne ayant grandi au bled ne pourra nier l’existence d’une presse sur le continent. La presse, quelle soit politique ou généraliste, est très suivie et comme dans les pays dit développés, et aussi invraisemblable  qu’il soit, le seul mensuel qui fait l’unanimité dans l’Afrique francophone est un mensuel féminin : AMINA.

Ce mensuel a bercé des millions d’africaines et disons-le d’africains qui piquaient le magazine de leur sœur ou de leur mère attiraient par les pages hautes en couleurs et surtout les romans photos à l’eau de rose qui font la force et le succès du magazine. Ce que j’aime dans AMINA c’est que ce magazine a réussi à passer l’épreuve du temps et des générations des filles et de femmes africaines sans jamais oublier ses fondamentaux. Depuis plus de 30 ans, le mensuel est construit invariablement suivant la même formule : Une rubrique mode, une rubrique femme dans la société pour vanter les mérites et les réussites des femmes africaines et, bien sur, les incontournables rubriques de petites annonces et le roman photo.

Le logo du magazine

Je vous vois déjà vous marrez, mais sachez que sous d’autres cieux et sous d’autres temps des magazines comme Nous Deux et Voici ont trusté les sommets des ventes avec des romans photos de même qualité. Mais avec internet, et surtout la consécration des peoples, ces journaux ont définitivement enterrés les romans photos car la réalité a depuis rattrapée si ce n’est dépassée la fiction.

Au bled, les choses sont différentes, vu la faible programmation et diffusion de productions africaines pour les africains et l’absence de peoples africains actifs et représentatifs, les roman-photos on encore de beaux jours devant eux, et le net leur donne d’ailleurs une nouvelle jeunesse en témoigne les romans photos d’AMINA maintenant consultable en ligne.

extrait du roman photo

amina-photo3Entre éducation de la femme africaine, leçons de morale et érotisme mal négocié, le résultat donne une vision peu crédible mais tellement touchante des relations entre africains que l’on en oublierait presque les images mal montées, et les pauses burlesques que prennent les comédiens pour nous faire partager les sentiments et les émotions de leurs personnages. On est bien loin des clichés que l’on nous rabat sans cesse hors Afrique, et l’espace de quelques cases, on se met à imaginer que le bled possède également des talents artistiques indéniables 😀 .

Seuls bémols à ce tableau flatteur, lors du passage d’AMINA de sa version papier à sa vitrine internet, le manque de lisibilité du site qui navigue entre amateurisme et site d’avant l’explosion de la bulle internet, pour leur défense, tout le monde n’a pas accès à une carte de crédit au bled! Autre problème, l’ajout de liens cachés dans la plupart des pages du site… un coup à se faire blacklister bêtement chez nos amis de Google.

Dans la même veine

6 Commentaires

Amina n’a pas l’air d’être publié depuis le bled, et ne devrait pas avoir de problème d’accès aux CB, regarde sur leurs footer :
AMINA
11, rue de Téhéran 75008 Paris
Tél : 01 45 62 74 76 – Fax : 01 45 63 22 48

Bien que publié en France, le public cible principal de ce magazine est la femme africaine me semble-t-il. Et que je sache, la femme africaine n’a pas l’accès facile à une carte de crédit. Donc je suppose que les éditeurs du journal on recherchait le plus petit dénominateur commun entre toutes les femmes qu’ils ciblaient et ce dénominateur commun, c’est le téléchargement du formulaire.
Tu me diras qu’ils auraient quand même pu prévoir la possibilité de l’utilisation d’une carte de crédit mais cela c’est une autre histoire non ?

les fondamentaux d’amina: de la pourriture. Produits blanchissants et petite annonces de prostitué(e)s.

Ma tante paix à son âme Mme Gondo Madeleine avait beaucoup de numéro de ce magazine. Je ne m’y intéressais pas vraiment. Lors d’un défilé de mode à Abidjan, j’ai échangé avec Franck un photographe de ce magazine, du coût, j’ai eu un regain d’intérêt, je suis allé fouiller les affaires de ma tante pour lire quelques numéros.

Amina est fait à Paris mais il n’en ai pas moins pour autant une institution de l’Afrique francophone et un magazine qui a évolué au fil des décennies comme tous les magazines… Aujourd’hui, c’est le magazine de la femme moderne africaine et antillaise et un égal des VanityFair, Grazia, Cosmopolitan…

Laisser un commentaire